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, par Nicola Navratil

Médias sociaux et commerce électronique 101

Au même titre que le référencement payant (SEM) dont je traitais dans mon article précédent, les médias sociaux constituent une tactique faisant partie de votre mix marketing interactif. Ils doivent cependant être abordés différemment des autres tactiques. Dans cet article, je vous expliquerai en quoi les médias sociaux sont différents et comment vous pouvez en tirer avantage afin de maximiser votre retour sur investissement à moyen et à long terme.

En quoi les médias sociaux diffèrent des autres tactiques?

Contrairement aux autres tactiques de marketing, l’objectif premier d’une offensive sur les médias sociaux n’est pas de vendre. Si vous faites vos débuts sur Facebook, Twitter ou autres plateformes sociales dans l’optique de pousser votre message publicitaire (discours unidirectionnel) afin d’accroître les ventes de produits ou de services, vos chances de succès sont minces. À moins d’être un site de rabais tel que Groupon ou autres exceptions du même genre!

Évidemment, vous êtes dans les affaires pour vendre et réaliser des profits. Les médias sociaux vous permettront d’atteindre cet objectif, mais à moyen et à long terme, soit lorsque votre communauté de marque sera bien établie. En effet, il faut embrasser les plateformes sociales dans l’optique d’entamer la conversation avec votre public cible (discours bidirectionnel) pour établir le contact et éveiller un sentiment d’appartenance envers votre marque. L’objectif ultime est de bâtir une communauté de fans engagés et de transformer un consommateur en ambassadeur. Lorsque vous aurez atteint ce but, vous constaterez que les médias sociaux impactent grandement vos ventes.

Regardons maintenant les différents aspects à considérer pour votre offensive sur les médias sociaux.

Définissez vos indicateurs de performance

Afin d’évaluer le succès de votre offensive sociale et d’être en mesure de l’optimiser au fil du temps, il est essentiel de définir des indicateurs de performance. Sinon, comment maximiser vos actions si vous ignorez ce qui fonctionne ou non?

Avinash Kaushik, évangéliste Google Analytics, propose cinq indicateurs pouvant s’appliquer à tous les réseaux sociaux.

1- Taux de conversion : nombre de commentaires par publication Facebook, nombre de réponses par Tweet, nombre de commentaires par article de blogue, etc. N’oubliez pas qu’il s’agit du taux de conversion en conversations et non pas en ventes.

2- Taux d’amplification : nombre de partages par publication Facebook, nombre de Retweet, nombre de partages par article de blogue.

3- Taux d’appréciation : nombre de « J’aime » par publication Facebook, nombre de Tweets favoris, nombre de bookmarks par article de blogue.

4- Valeur économique : même si l’objectif principal de votre présence dans les médias sociaux n’est pas d’augmenter les ventes à court terme, il faut tout de même être en mesure d’attribuer une valeur économique à vos actions. Pour en apprendre davantage sur les méthodes à appliquer afin de définir cette valeur économique, je vous invite à consulter l’article d’Avinash.

Identifiez sur quels médias sociaux se situe votre public cible

Afin d’investir votre temps et votre argent efficacement, ciblez les médias sociaux les plus pertinents. Pour ce faire, vous pouvez consulter les données démographiques des différentes plateformes sur eMarketer ou d’autres sources d’information combinées à l’utilisation d’outils de monitoring comme Radian6, qui vous permet d’identifier sur quelles plateformes se tiennent les conversations sur les produits et les services reliés à votre domaine d’activité.

Définissez votre stratégie de contenu à valeur ajoutée

Il est facile d’ouvrir une page Facebook et un compte Twitter. Cependant, avant de procéder, posez-vous la question :

« Quel type de contenu allons-nous publier sur ces plateformes sociales? »

Souvent, les entreprises qui débutent sur les médias sociaux tendent à utiliser ces plateformes comme outil de marketing traditionnel afin de pousser leurs offres promotionnelles (autopromotion). Cependant, la bonne vieille règle du 80-20 s’applique également aux médias sociaux :

20 % des contenus publiés devraient parler de vous (votre entreprise);

80 % des contenus publiés devraient traiter de thèmes ayant une réelle valeur ajoutée pour votre public cible (actualités, articles d’intérêt, conseils, etc.).

De là la nécessité de bâtir votre stratégie de contenu à valeur ajoutée en fonction des intérêts de votre public cible. Pour illustrer mon propos, je vais référer à la marque Lululemon. Cette entreprise vend des vêtements et des accessoires de yoga et de course à pied. Plutôt que de parler exclusivement de ses produits, Lululemon a développé une stratégie de contenu très pertinente pour les consommateurs.

L’entreprise possède un blogue qui traite de sujets reliés au bien-être, à la santé et aux sports de fitness. Voici les différentes catégories d’articles publiés sur leur blogue.

Trois principaux objectifs sous-tendent la création de cette plateforme.

Premièrement, ce blogue leur permet d’engager la conversation avec leurs fans et de bâtir une réelle communauté de marque. Il leur procure également des insights stratégiques pouvant les aider à améliorer leurs produits actuels et en créer de nouveaux.

Deuxièmement, le blogue génère un trafic considérable provenant des moteurs de recherche. En effet, plusieurs internautes cherchent du contenu en lien avec les sujets traités sur le blogue, sans nécessairement connaître la marque Lululemon. Cependant, une fois parvenus sur le blogue par l’entremise des moteurs de recherche, plusieurs d’entre eux ont de fortes chances de devenir de nouveaux clients de la marque. Les sujets traités sur le blogue véhiculant les valeurs de la marque, l’internaute risque d’être attiré par les produits de cette marque. Voici une représentation graphique de ces propos.

Troisièmement, Lululemon est également actif sur plusieurs autres plateformes sociales comme Facebook et Twitter. Hors, la clé du succès sur ces plateformes est de publier du contenu intéressant qui ajoute de la valeur pour les fans et ceux qui suivent la marque. Lululemon publie donc des liens vers les articles de son propre blogue tout en prenant soin d’insérer dans ces mêmes articles des références à ses produits disponibles en ligne. Le blogue et les médias sociaux constituent donc également un outil pour générer des ventes en ligne.

Votre stratégie de contenu à valeur ajoutée devrait également inclure du contenu exclusif puisqu’il s’agit d’un excellent incitatif pour devenir fan d’une marque. En effet, il serait intéressant par exemple d’offrir à vos fans Facebook des coupons et des primeurs concernant des nouveaux produits ou des échantillons qu’ils ne peuvent trouver ailleurs.

Intégrez des éléments de commerce électronique à vos plateformes sociales

Bien que l’objectif premier des médias sociaux ne soit pas la vente, vous pouvez tout de même y intégrer certains éléments de commerce bonifiant votre stratégie de contenu à valeur ajoutée pour simplifier l’achat de vos produits aux internautes intéressés.

La notion de f-commerce (Facebook Commerce) est de plus en plus répandue au sein de notre industrie. Plusieurs intégrations commerciales peuvent s’effectuer sur Facebook. Par exemple, en créant un onglet « shop », les fans de votre marque pourront magasiner et acheter vos produits directement sur votre page Facebook.

 

Voici un article en anglais très intéressant qui répertorie pour vous 101 exemples d’utilisation de f-commerce par différentes marques dans le monde, incluant Facebook Store, Facebook Check-in Deals, Facebook Credits, etc.

Certaines marques de mode, comme French Connection, sont quant à elles très actives sur Youtube puisqu’elles y publient plusieurs vidéos de défilés et de nouvelles collections. Elles en profitent pour intégrer à même leur chaîne Youtube des liens vers leur boutique en ligne.

Intégrez des éléments sociaux à votre plateforme de commerce électronique

À l’inverse, il est également possible d’intégrer des éléments sociaux sur votre site de commerce électronique afin de maximiser la conversion des visiteurs en ventes. L’un des chefs de file en la matière est la marque Levi’s.

Une fois connectés, vous avez l’occasion de repérer vos amis qui aiment la marque Levi’s, ainsi que les paires de jeans les plus populaires pour eux ou pour toute la communauté Facebook.

Le fait de savoir que des amis endossent cette marque est rassurant pour plusieurs consommateurs, ce qui améliore le taux de conversion.

Analysez et optimisez

Tel que mentionné dans mon premier article Maximisez vos ventes en ligne grâce au web analytics, toute tactique doit faire l’objet d’un système de mesure efficace et d’une analyse rigoureuse afin de pouvoir l’évaluer et l’optimiser, d’où l’importance de se fixer des indicateurs de performance et des cibles de résultats lors du lancement de votre offensive médias sociaux.

Afin d’optimiser votre stratégie de contenu, vous devrez tester différents types de publication à différentes heures de la journée pour être en mesure d’identifier quelle combinaison est la plus efficace.  Cependant, n’oubliez pas de mesurer la valeur économique de vos actions par l’entremise de Google Analytics.

La nouvelle version de Google Analytics vous permet également de mesurer les ventes qui ont été influencées par les médias sociaux. Lors de l’évaluation de vos tactiques, il est important d’attribuer les ventes aux bons canaux.

Conclusion

Rappelez-vous que les médias sociaux doivent être abordés différemment des autres tactiques de marketing interactif. Il s’agit d’un investissement à long terme qui s’appuie sur une stratégie de contenu à valeur ajoutée et qui nécessite temps et énergie. Cependant, si vous réussissez à bâtir une réelle communauté de fans engagés, celle-ci aura assurément un impact positif sur vos ventes à moyen et à long terme. Mon prochain billet traitera du marketing mobile et du commerce électronique.

, par Cédric Fontaine

Défis du e-commerce pour le petit entrepreneur

Encore aujourd’hui au Québec, l’argent n’est pas vraiment l’élément déterminant du succès que connaîtra un projet de commerce électronique. Une bonne idée, des produits distinctifs et un peu de bonne volonté comptent davantage. Pour démarrer un projet, il existent de nombreuses solutions à prix raisonnable comme Prestashop ou Magento en solution à code ouvert ou Shopify pour une solution hébergée.

Comparativement à des projets de plusieurs centaines de milliers de dollars que peuvent monter des acteurs majeurs, un petit cybercommerçant devra cependant investir par la suite des sommes beaucoup plus importantes en pourcentage de son chiffre d’affaires. Alors si vous êtes un petit entrepreneur comme moi et que vous souhaitez réussir dans la vente en ligne, il faut savoir se débrouiller et dénicher les bonnes ressources.

Puisqu’on ne peut jamais tout savoir et que pour vendre en ligne il faut mélanger plusieurs métiers du Web, commencez par créer un réseau de ressources autour de votre projet : référencement, graphisme, développement, marketing, à défaut de faire affaire avec une agence Web. Des sites comme Agent Solo ou Elance permettent de trouver facilement des pigistes et des consultants pour bon nombre de mandats.

Difficile de bénéficier d’économies d’échelle

Avec de petits volumes, il est difficile de négocier les principales charges en e-commerce. Si vous vendez des produits physiques, votre plus gros centre de coûts sera probablement les frais de transport. Le programme entrepreneur de Postes Canada permet de bénéficier de réduction sur les colis accélérés et vous ne pourrez pas négocier mieux avant d’atteindre les 750 colis par année. Dans bien des domaines, de petits volumes vous obligeront à subir les tarifs de base ou le minimum mensuel de facturation.

Pour un cyberentrepreneur indépendant, le défi quotidien est donc de réussir à augmenter son volume d’affaires pour négocier de meilleurs coûts parmi les dépenses incompressibles. Pour cela, il faut se démarquer et sortir des sentiers battus (think outside the box). La force de l’indépendance, c’est aussi la capacité de se démarquer et de réagir rapidement. Il faut faire rayonner son offre et ses produits en utilisant le Web et en recherchant des solutions peu dispendieuses.

Il existe au moins deux avenues qui sont souvent peu exploitées par les plus petits marchands : les comparateurs de prix et l’affiliation.

Dans des marchés matures – ce qui n’est pas le cas encore au Canada -, un simple site de commerce électronique n’est plus suffisant pour vendre en ligne. En attendant l’arrivée du commerce sémantique, les acheteurs se tournent maintenant vers les comparateurs de prix pour rechercher des produits. Il est donc indispensable de diffuser son catalogue – mais pas tout son contenu! – sur de tels outils pour obtenir une réelle visibilité et capter des visiteurs. Google l’a bien compris et intègre notamment en France et aux États-Unis (pas encore disponible au Canada mais soyons prêts!) son offre shopping aux résultats de recherche. Il existe quelques comparateurs au Canada, Postes Canada en propose d’ailleurs un et la facturation se fait généralement à un coût par clic, comme une publicité sur Google par exemple.

Pour l’affiliation, cela peut être un peu plus complexe. Le principe de l’affiliation est de verser une commission, un pourcentage sur les ventes réalisées par un apporteur d’affaires. Imaginons un site Web qui place une bannière sur son site qui pointe vers votre site Web ou même vers un produit en particulier. Vous payerez donc une commission uniquement lorsqu’une vente sera effectivement conclue. Le concept est intéressant mais nécessite une confiance de l’affilié envers votre site Web.

Il existe des solutions externes contrôlant le traçage des achats. Malheureusement, il faut souvent des volumes d’affaires de plusieurs centaines de milliers de dollars par mois pour Google Affiliate Network ou Commission Junction par exemple. On doit donc s’appuyer sur des solutions de codes sources libres ou de modules pour votre boutique comme iDevAffiliate. Dans certains cas, des annonceurs plus importants pourront exiger de placer leur propre code de traçage sur votre site. Même si l’affiliation ne vous apportera pas forcément plus de ventes, c’est tout de même un excellent moyen de bénéficier d’un meilleur référencement avec des liens entrants plus nombreux.

Dans les années à venir, les défis seront toujours plus grands pour les nouveaux acteurs indépendants, puisqu’on se dirige au Canada vers un marché plus professionnel. Des pays comme la France et les États-Unis y sont déjà depuis quelques années. Le coût d’entrée sera de plus en plus élevé et le savoir-faire technique sera indispensable pour réussir. Il ne suffira plus d’une très bonne idée, il faudra aussi une très bonne maîtrise du commerce électronique!

Si vous souhaitez en savoir plus ou vous tenir à jour, je vous invite à prendre connaissance de ma liste des ressources utiles ou à joindre le groupe des cybercommerçants québécois sur Linked In.

, par Marc Poulin

Stratégie mobile et commerce électronique

L’utilisation de téléphones intelligents et autres appareils mobiles est en forte croissance. Face à cette tendance lourde, quelle stratégie mobile devriez-vous privilégier pour votre site de commerce électronique? Auriez-vous intérêt à développer une application iPhone? Un site mobile serait-il préférable? Est-ce que l’ensemble de vos produits et services ou seulement quelques-uns devraient être accessibles à partir d’un appareil mobile? Voilà autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre dans les lignes qui suivent.

Quelques définitions

Afin de faciliter la compréhension de ce document, il convient de définir quelques termes fréquemment utilisés.

Application mobile : Il s’agit d’un programme que l’on doit télécharger sur son appareil mobile préalablement à son utilisation. Les applications iPhone sont les plus connues, mais le nombre d’applications pour les autres plateformes mobiles est en progression constante.

Mobinaute : Ce terme désigne une personne qui navigue sur Internet à partir d’un appareil mobile, selon le Petit Larousse 2010.

Site mobile : Un site mobile est un site Web conçu spécifiquement pour les appareils mobiles et leurs utilisateurs. Habituellement, le site mobile offre une portion du contenu et des fonctions du site Web.

Solution mobile : Ce terme générique englobe l’ensemble des applications et des sites mobiles.

Le contexte de la mobilité

Avant de se pencher sur la stratégie mobile à adopter, il faut tout d’abord comprendre qu’un usager en déplacement est dans un contexte différent de celui qui est bien assis dans son bureau devant un écran de 23 pouces. Ses objectifs, ses besoins et sa motivation sont également bien différents. Par exemple, un mobinaute ne va pas acheter un sofa ou un ordinateur à partir de son téléphone intelligent. Les transactions effectuées par un mobinaute découlent le plus souvent du désir de satisfaire un besoin immédiat alors qu’il est en déplacement.

Devriez-vous avoir une stratégie mobile?

Afin de savoir si une stratégie mobile pourrait être intéressante dans votre cas, vous devez répondre aux questions suivantes.

1. Dans quelles circonstances un mobinaute se servirait-il de votre solution mobile? Quelles seraient les principales utilisations qu’il pourrait en faire?

2. Combien de mobinautes pourraient utiliser votre solution mobile? À ce sujet, veuillez noter que Google Analytics permet de déterminer le nombre de visites sur votre site Web effectuées à partir d’un appareil mobile.

3. Si vous avez une solution mobile, est-ce vous profiterez d’un avantage compétitif? Si vous n’en avez pas, serez-vous désavantagé?

4. Les revenus générés par les mobinautes sont-ils des revenus supplémentaires ou les auriez-vous enregistrés de toute façon?

5. Votre solution mobile génère-t-elle plus de profits que de coûts?

Application mobile ou site mobile?

Une fois que vous avez évalué si vous devez offrir une solution mobile, il faut en déterminer la nature. Vous avez le choix entre un site Web mobile ou une application mobile. Si vous penchez vers une application mobile, vous devez identifier les plateformes sur lesquelles elle sera développée (Apple iOS, Google Android, Microsoft Windows Mobile Phone, etc.).

L’avantage du site Web mobile est qu’il est accessible de toutes les plateformes mobiles et qu’il est facile à faire évoluer. Par contre, il ne peut pas toujours utiliser certaines fonctionnalités de l’appareil mobile, notamment l’appareil photo et le GPS.

L’avantage de l’application mobile est qu’elle est bâtie pour une plateforme spécifique, ce qui permet une intégration maximale (fonctions et interface) avec l’appareil mobile. Par contre, les coûts de développement feront en sorte que certaines plateformes ne seront pas supportées.

Les défis de la mobilité

Il n’est pas facile de développer une bonne solution mobile et plusieurs défis doivent être relevés au moment de la conception. Voici quelques éléments importants à prendre en considération.

• Les écrans sont vraiment petits. Une faible quantité d’information peut être présentée sur un même écran, ce qui réduit parfois la compréhension du texte.

• La bande passante est encore faible. Même si la vitesse théorique est élevée, la réception du signal est variable, ce qui diminue la bande passante réelle.

• Les appareils mobiles n’ont pas de clavier physique et l’écriture est difficile pour la plupart des utilisateurs.

• Les appareils mobiles n’ont pas de souris. Il est impossible de survoler un élément et d’obtenir des indications, comme sur les sites Web pour ordinateurs usuels.

• Les plateformes et formats d’écran sont nombreux et variés.

• La nouveauté des plateformes mobiles fait que les éléments de l’interface utilisateur ne sont pas encore standardisés. Plusieurs icônes, utilisées pour sauver de l’espace, ne sont pas comprises des utilisateurs.

Quelques conseils pour concevoir votre solution mobile de commerce électronique

• Mettez-vous dans la peau d’un usager en déplacement. Votre solution mobile est-elle vraiment utile dans un contexte de mobilité? On n’achète pas une télé comme on achète une chanson à 0,99 $. Idéalement, une solution mobile permet une gratification instantanée ou résout un problème immédiat.

• Limitez vous à l’essentiel. En mobilité, l’ensemble de l’information et des fonctionnalités du site Web n’est ni nécessaire ni utile. En mobilité, moins, c’est mieux.

• Si vous choisissez de développer une application mobile plutôt qu’un site mobile, assurez-vous qu’elle sera utile à répétition. Les usagers seront moins tentés de télécharger une application qu’ils n’utiliseront qu’une seule fois.

• Tout en offrant un niveau de sécurité élevé, conservez l’information des utilisateurs pour leur éviter d’avoir à les entrer lors de chaque transaction. Imaginez votre client inscrivant avec difficulté son numéro de carte de crédit à l’aide du clavier virtuel. La fonction 1-Click d’Amazon est un moyen efficace de contourner ce problème.

• Assurez-vous que les liens, boutons et autres contrôles soient facilement cliquables avec de gros doigts. De plus, permettez à vos mobinautes de corriger facilement leurs erreurs de frappe.

• N’oubliez pas qu’il est facile de faire défiler verticalement les écrans mobiles, mais qu’il est impossible de le faire horizontalement.

• Testez la conception de votre solution mobile. C’est vrai avec des sites Web et ça l’est encore plus avec des sites ou applications mobiles. Il est essentiel d’effectuer de bons tests utilisateurs avant d’amorcer le développement.

Vous pouvez également trouver d’autres conseils en suivant les liens ci-dessous :


• EBay CEO says mobile sales will reach $4B by year-end (avril 2011);
• The secret of Amazon’s $1 billion sales over mobile (juillet 2010);
• Mobile commerce selon Wikipedia (en anglais).

Conclusion

Malgré ce qu’en disent certains « experts », il n’est pas obligatoire d’avoir une solution mobile. Vos réponses aux questions de la section « Devriez-vous avoir une stratégie mobile? » vous éclaireront sur cette question. Si vous choisissez d’offrir une solution mobile, vous devrez en préciser la nature. Comme toute autre décision financière, votre choix sera déterminé par une analyse des coûts et des bénéfices qui accompagnent les diverses options.

Bonne solution mobile!

, par Nicola Navratil

Comment améliorer l’efficacité de vos campagnes SEM?

Pour mesurer l’impact des différentes tactiques Web sur vos ventes en ligne, on a vu dans mon article précédent que le Web analytique devait être au cœur de votre stratégie de marketing interactif. Mes prochains billets porteront sur ces principales tactiques de marketing interactif et décortiqueront pour chacune d’entre elles les éléments stratégiques les plus importants à considérer afin de maximiser vos ventes en ligne.

L’une des tactiques Web les plus utilisées pour mousser les ventes en ligne est le référencement payant, plus connu sous le nom de SEM pour Search Engine Marketing.


Qu’est-ce que le SEM?

Pour les néophytes du marketing interactif, le SEM assure une visibilité en première page de Google lorsqu’un internaute effectue une recherche en fonction d’un mot-clé stratégique pour votre marque. Par exemple, si vous êtes propriétaire d’un spa ou d’un hôtel, le mot-clé « forfait spa » pourrait s’avérer stratégique pour vous. Le SEM, par l’entremise d’une annonce préalablement créée, permet de vous positionner dans les premiers résultats de recherche de l’internaute.

Le SEM opère en coût par clic (CPC). Cela signifie que vous payez uniquement pour les clics (visites) que vous recevez. De son côté, l’affichage de bannières sur les sites de contenu vous facture dans la majorité des cas au coût par mille (CPM) impressions. Le coût d’un clic varie en fonction des mots-clés; il peut être aussi bas que 0,08 $ ou dépasser les 20 $ pour les marchés très compétitifs.

Facteurs importants du SEM

Afin de maximiser vos ventes en ligne et de minimiser vos coûts d’acquisition, trois éléments essentiels doivent être pris en considération : vos campagnes SEM, vos pages de destination et votre solution de paiement.

Tout d’abord, vos campagnes SEM doivent être bâties adéquatement dans Google Adwords afin d’attirer des visiteurs qualifiés et de minimiser votre coût par clic (CPC). Ensuite, il est crucial que les différentes pages de destination soient optimisées afin de maximiser la conversion vers la solution de paiement. Finalement, les étapes à compléter lors du paiement en ligne doivent être faciles et rapides à réaliser. Évidemment, vous devrez analyser chacun des éléments ci-dessus afin de tirer le meilleur parti possible de vos campagnes SEM.


Optimisez vos campagnes SEM

À même l’interface de Google Adwords, vous devez d’abord vous assurer que vos campagnes SEM soient bien optimisées afin de vous positionner dans les premiers résultats payants pour des mots-clés stratégiques, tout en déboursant le minimum pour vos clics. Le rang de vos annonces est déterminé par quatre facteurs principaux :

1-      le montant maximal ($) que vous êtes prêt à payer pour un clic;

2-      le taux de clic de votre annonce ou Click Through Rate (CTR) en anglais;

3-      la pertinence de votre annonce en fonction des mots-clés ciblés;

4-      la page de destination de votre annonce.

Ce n’est donc pas nécessairement l’annonceur payant le plus cher qui se hisse en première position. Pour les intéressés, cette vidéo de neuf minutes, réalisée par Hal Varian, économiste en chef de Google, explique clairement le fonctionnement de l’enchère Adwords.

Voici quelques trucs d’optimisation pour vos campagnes Adwords.

1-      Utilisez une famille de mots-clés (un thème) par groupe d’annonces (AdGroup);

2-      Évitez, si possible, d’utiliser les mots-clés en requête large (broad match);

3-      Sélectionnez des mots-clés négatifs;

4-      Reprenez, dans le titre de vos annonces, les mots-clés ciblés dans vos groupes d’annonces;

5-      Ajoutez les mots-clés ciblés dans votre groupe d’annonces à la fin de l’URL qui s’affiche (l’URL qui s’affiche n’est pas dans l’obligation de correspondre à un URL réel);

6-      Optimisez les pages de destination en fonction des mots-clés ciblés dans vos groupes d’annonces.

À titre informatif, le CTR moyen d’une campagne Adwords se situerait autour de 2 % selon Google. Par ailleurs, il est important de ne pas se limiter au CTR ou au CPC lorsque vient le temps d’analyser la performance de vos campagnes SEM. Ces deux indicateurs peuvent en effet être trompeurs et vous faire prendre de mauvaises décisions. Prenons l’exemple ci-dessous…

Campagne SEM #1 : CTR 7,05 % et CPC 0,53 $

Campagne SEM #2 : CTR 1,03 % et CPC 0,95 $

Considérant strictement ces deux indicateurs, la campagne #1 semblerait être la plus performante. Pourtant, malgré un CTR plus élevé et un CPC plus faible que la campagne #1, on constate que la campagne #2 est plus performante quand on ajoute les données de Google Analytics.

Campagne SEM #1 : CTR 7,05 %, CPC 0,53 $, taux de conversion 0,2 %, ventes 100 $

Campagne SEM #2 : CTR 1,03 %, CPC 0,95 $, taux de conversion 4,5 %, ventes 3 500 $


Optimisez vos pages de destination

Comme mentionné à la section précédente, la page de destination constitue l’un des facteurs affectant la qualité de vos annonces. Elle est donc directement liée à votre coût par clic. Outre son influence sur votre campagne SEM, la page de destination a un impact direct sur le taux de conversion de votre site et, par le fait même, sur vos ventes en ligne. Voici les principaux éléments à inclure pour rendre la page de destination optimale.

1- Titre descriptif reprenant les mots-clés ciblés dans votre annonce Adwords

Il est important de se rappeler qu’avant d’atteindre votre page, l’internaute aura préalablement cliqué sur l’une des annonces de votre campagne SEM pour un mot-clé spécifique. Il s’attend donc à retrouver de l’information en lien avec ce mot-clé. Puisque le titre est le premier élément que l’internaute aperçoit en arrivant sur la page, soyez direct et efficace et insérez-y les mots-clés en question. Le temps n’est pas à la prose!

2- Contenu utile

L’information la plus importante doit se retrouver au début de la page. Voici un ordre optimal de présentation pour vos pages produits :

1-      brève description du produit, ainsi que de la clientèle à qui il s’adresse;

2-      bénéfices du produit sous forme de points;

3-      tableau comparatif des caractéristiques/fonctionnalités du produit;

4-      commentaires/témoignages/évaluations sous forme de UGC (User Generated Content).

L’insertion d’images de vos produits et de vidéos démonstratives augmente l’attraction visuelle de vos pages produits ainsi que leur taux de conversion.

3- Invitations à l’action

Il est essentiel d’introduire des invitations à agir (ex. : Achetez maintenant ou Ajoutez au panier d’achat) à plusieurs endroits dans chaque page produit puisque certains internautes passeront à l’action dès l’arrivée sur la page alors que d’autres voudront lire toute l’information sur le produit avant de passer à l’étape suivante.

Afin de mettre en évidence les différentes invitations à l’action par rapport au reste du contenu, plusieurs techniques peuvent être utilisées pour attirer le regard : taille des boutons, couleur des boutons, espaces vides autour des boutons, etc.


Simplifiez les étapes pour finaliser l’achat en ligne

Lorsqu’un internaute navigue sur votre page produit pour effectuer un achat, il doit sélectionner les items choisis pour les intégrer à son panier d’achat. Une fois son panier d’achat complété, l’internaute est amené à cliquer sur un bouton l’invitant à effectuer un paiement.  La plupart du temps, c’est à ce moment que l’internaute sera invité à indiquer l’adresse de livraison du produit (parfois différente de l’adresse de facturation indiquée sur le relevé de carte de crédit). Afin de rendre le  processus de paiement simple et rapide pour l’internaute et d’éviter de le décourager en cours de route, assurez-vous:

- de recueillir uniquement l’information essentielle nécessaire au traitement de la transaction : nom du détenteur, no de carte de crédit, date d’expiration, numéro vérificateur (CVV2) adresse de facturation.

- d’insérer une politique de remboursement et de garantie (fournies par le marchand)

- d’éviter toutes étapes superflues qui rallongeraient inutilement le processus d’achat;

- d’insérer des icônes de sécurité pour rassurer les internautes;

- d’intégrer l’information de paiement, de livraison et de politique de remboursement dans le reçu de confirmation de paiement.


Analysez et continuez à optimiser

Tel que mentionné dans mon article précédent, et au risque de me répéter, le Web analytique doit être au cœur de votre stratégie de marketing interactif pour prioriser et optimiser vos actions.

Dans le cadre d’une campagne SEM, les données Google Analytics les plus pertinentes sont celles relatives à la performance des mots-clés achetés. Comme vous pouvez le constater dans l’image ci-dessous, il est possible de connaître le chiffre d’affaires, le nombre de transactions, la valeur moyenne de chaque transaction et la valeur par visite de chaque mot-clé (habituellement, la colonne mot-clé contient de vrais mots-clés, mais je les ai effacés pour ne pas révéler d’information stratégique sur l’un de nos clients).

Vous pourrez donc investir davantage dans les familles de mots-clés les plus performantes afin de maximiser votre retour sur investissement.

Conclusion

Il est relativement simple de s’ouvrir un compte Adwords et de lancer une campagne SEM car cette action comporte peu de barrières à l’entrée. Toutefois, pour que votre campagne SEM génère un réel retour sur investissement, tous les éléments présentés ci-dessus devront être optimisés à partir des données recueillies grâce à votre solution Web analytique.

, par Simon Lamarche

Le nouveau Google Analytics pour aider votre commerce en ligne

Il y a quelques mois, Google annonçait le lancement de la version 5 de Google Analytics. Cette nouvelle mouture offre déjà plein de nouvelles fonctionnalités utiles pour un commerçant en ligne. Mais la fonctionnalité la plus attendue qui avait alors été dévoilée, soit les entonnoirs multicanaux (multi-channel funnel), n’est toujours pas disponible pour la très grande majorité des utilisateurs.

Avant d’examiner plus en détail l’utilité des entonnoirs multicanaux, voyons tout d’abord les tableaux de bord et les rapports personnalisés, deux grandes forces de cette nouvelle version.

Tableaux de bord et rapports personnalisés
Une des grandes faiblesses des anciens tableaux de bord était l’impossibilité de les personnaliser réellement à ses besoins. Il était ainsi difficile pour un commerçant en ligne de se créer un tableau de bord lui permettant de connaître précisément la contribution réelle du référencement organique ou des médias sociaux à ses ventes en ligne. La version 5 permet non seulement d’obtenir rapidement ce genre d’information, mais elle permet aussi de créer différents tableaux de bord dans lesquels il est facile de naviguer par onglet. Cette fonction est extrêmement utile pour creuser en profondeur certaines données difficiles à analyser. Les quatre types de « widgets » (métrique, diagramme, chronologie et tableau) se personnalisent également très facilement de façon intuitive.

À titre d’exemple, voici ce que pourrait représenter un tableau de bord spécifique à l’achat de mots-clés (CPC).

Entonnoirs multicanaux
Les entonnoirs de conversion multicanaux permettent enfin de régler (en partie tout au moins) le problème de plusieurs marketeurs qui ne peuvent attribuer la bonne source à une conversion donnée. Ainsi, pour attribuer la conversion, la version actuelle de Google Analytics se base sur la dernière source seulement. En voici un exemple.

Un internaute fait une recherche dans Google sur le mot « bicyclette ». Il clique sur l’annonce Adwords d’un commerçant et visite le site sans acheter. Ce même internaute revient le lendemain sur le site en cherchant le nom du commerçant dans Bing, clique dans les résultats organiques et procède à l’achat. 

Actuellement, l’apport de la publicité Adwords est considéré comme nul par Google Analytics, ce qui est dommage puisque c’est cette source qui a amorcé la vente. La nouvelle fonctionnalité d’entonnoirs multicanaux permet de considérer l’ensemble des sources et de les analyser en fonction de leur contribution : première interaction, interactions intermédiaires ou dernière interaction.

En attendant de le voir dans votre compte Google Analytics, voici ce que cette fonctionnalité donne pour Google Store.

On y voit clairement qu’un certain nombre de conversions ont été assistées par l’adresse images.google.com (Assisted Conversions), alors que cette adresse a généré très peu de ventes finales (Last Interaction Conversions). En tant que commerçant n’utilisant pas cette nouvelle fonctionnalité, Google aurait pu considérer l’apport de images.google.com comme étant très faible, alors que le tableau démontre clairement le contraire. Une façon simple d’évaluer si une source est sous-estimée est de consulter la colonne du ratio « Assisted/Last Interaction Conversions » : plus le chiffre est grand, plus la source performe en amont dans le processus d’achat.

Avec ces nouveautés, Google Analytics permet aux commerçants d’obtenir une solution Web analytique encore plus performante, et ce, sans avoir à débourser un sou de licence. Il n’y a donc aucune raison de ne pas analyser vos chiffres!

, par Cédric Fontaine

Sécurité des paiements ou taux de conversion

L’augmentation du volume des ventes par Internet a obligé les émetteurs internationaux (Visa, MasterCard, American Express, etc.) à offrir un certain nombre de protections pour éviter les fraudes.

Lors d’une transaction où la carte de crédit n’est pas présentée physiquement, le système actuel protège essentiellement l’acheteur.

Certaines protections, comme la certification PCI-DSS ont été développées pour assurer la sécurité de l’information bancaire et éviter qu’un marchand se fasse voler sa base de données client comportant tous les numéros de carte bancaire. Mais tout cela n’a pas empêché des fuites majeures. En fonction du volume de transactions, il existe différents niveaux de sécurité à mettre en œuvre, sans que cela soit toutefois encore obligatoire pour les commerçants effectuant pour moins de 1 000 000 $ de transactions par année.

La procédure à suivre dans le cas d’un litige sur une vente, souvent méconnue des e-commerçants, est relativement simple.

  1. L’émetteur de la carte de crédit adresse un document de contestation du paiement au commerçant.
  2. Puisque la carte de crédit n’est pas passée physiquement dans les mains du vendeur, et que l’acheteur n’a pas signé pour son achat, le commerçant devra prouver qu’il a livré la marchandise et que l’acheteur l’a bien reçue (signature à la livraison). Seule une livraison à l’adresse précise du détenteur de la carte de crédit est recevable; les livraisons à une adresse différente de l’adresse du détenteur ne sont pas considérées.
  3. Si l’acheteur conteste les preuves, le commerçant peut aller en arbitrage; il encourt cependant des frais minimaux de 500 $ s’il perd.

Dans tous les cas, l’argent est gelé par l’émetteur de la carte de crédit dès le début de la procédure. C’est au vendeur de démontrer clairement la preuve de la transaction.

Les émetteurs internationaux de carte bancaire ont donc développé le programme 3D Secure (Vérifié par Visa et Mastercard Secure Code) afin de renforcer la sécurité des paiements en ligne. Lors d’un achat en ligne, l’acheteur est redirigé vers le site de l’émetteur de la carte de crédit et doit saisir un mot de passe personnel pour valider la transaction. Cette protection supplémentaire a un gros avantage pour le vendeur qui profite ainsi du transfert de responsabilité (liability shift) grâce auquel le risque d’impayés est transféré à la banque.

Tout pourrait être parfait : l’acheteur est protégé par un mot de passe unique pour ses transactions et le vendeur, de son côté, est protégé quant à la plupart des réclamations. Mais ce n’est pas si simple…

Pour un site de e-commerce, l’acceptation des paiements en ligne relève d’une gymnastique compliquée, qui oscille entre s’assurer de la validité du paiement, tout en évitant de faire fuir les acheteurs avec des pratiques de sécurité trop sévères.

Les exemples sont nombreux en Europe et en Amérique où de nombreux commerçants ont vu leurs ventes baisser après la mise en place de 3D Secure. Certains évoquent une baisse de 6 % alors que d’autres, comme ce vendeur, estiment la chute des ventes à 60 % . Au Royaume-Uni, où le programme est obligatoire, Amazon – un joueur majeur du e-commerce – refuse toujours d’adopter le système, tout comme il le refuse également sur la version américaine de son site.

Il est probable que ce programme continuera de se répandre rapidement et deviendra peut-être même obligatoire. En France, seuls 11 % des paiements par carte bancaire sont réalisés en mode 3-D Secure, contre 65 % en Belgique, 69 % en Allemagne, 92 % aux Pays-Bas et 95 % au Royaume-Uni. Au Canada, le système est en place mais est encore peu utilisé.

Mais que reproche-t-on à cette technologie? Deux remarques reviennent fréquemment : mauvaise communication auprès des acheteurs qui ne comprennent pas la technologie et interface de saisie du mot de passe non ergonomique. En France, les banques ont même initialisé les mots de passe, sans l’intervention des utilisateurs, avec leur date de naissance. Certes pas la meilleure façon d’assurer une sécurité accrue!

Finalement, après avoir clairement observé qu’un certain nombre de commandes ont été abandonnées au niveau de la saisie du mot de passe 3D Secure, j’ai décidé de désactiver 3D Secure sur mon propre site de vente en ligne. Certains clients m’ont également informé que la saisie en ligne de leur mot de passe ne les mettait pas en confiance. J’ai donc choisi de faciliter la vie à l’acheteur et de vivre avec le risque des impayés. Cette technologie n’est pas foncièrement mauvaise et est probablement adaptée à certains secteurs comportant des taux élevés de fraude. D’ici à ce qu’une option permettant d’activer 3D Secure à la demande – par exemple lors d’une transaction élevée ou jugée à risque -, chaque commerçant devra faire son choix en ce qui concerne l’utilisation ou non de 3D Secure sur son site de vente en ligne.

, par Simon Rouillier

Les Règles d’Or de l’Optimisation SEO des Sites de E-commerce

En 2010, les ventes des sites e-commerce américains ont bondi de 14,8% par rapport aux 1,6% de 2009. Les prévisions de croissance pour 2011 s’annoncent autour de 13,7%, avec un chiffre de 188$ milliards de dollars, pour un canal de distribution qui montre quelques signes de maturation, avec notamment la stagnation de sa progression (source: Emarketer).

Ainsi, les sites e-commerce ont de beaux jours devant eux et contrairement au marché américain, le marché canadien – surtout québécois – n’est pas à son plein épanouissement comme on le voit dans cet article. Cela implique donc de belles perspectives de progression pour les sites de commerce électronique québécois, notamment en matière d’acquisition de trafic, qu’il soit organique ou payant. Ainsi, nous vous proposons quelques suggestions d’optimisation et de bonnes pratiques pour votre site e-commerce.

En tant que propriétaire d’un site e-commerce, vous avez intérêt à posséder un site ‘seo-friendly’, qui permette autant l’indexation optimale de vos pages que l’acquisition de trafic grâce au positionnement sur les mots clés organiques, qu’ils soient de marque ou génériques.

Les préalables usuels à l’optimisation de tout site Web sont les titres de pages, les métas descriptions, le renseignement des balises de titres et des balises ALT, avec les mots clés propres à la page, que l’on retrouve dans la description de produit et le contenu de la page. Outre ce travail, il y a des caractéristiques particulières aux sites e-commerce.

Avant toute chose, assurez-vous que les moteurs de recherche ne rencontrent aucun frein à l’indexation de vos pages et de vos contenus. Cela implique notamment de proscrire toute utilisation de JavaScript, notamment pour le menu de navigation et les revues.

La navigation et l’indexation

Dans la mesure où elle générera un fil d’Ariane, qui va concourir à une bonne indexation des produits, la classification ou taxinomie est essentielle à l’architecture des sites e-commerce. Ainsi, il vous faudra déterminer si les visiteurs sont plus enclins à chercher vos produits par la marque ou par la catégorie (chaussures Nike vs chaussures de sport). Cette réflexion est à mener en termes de volume de recherche mais aussi en fonction de votre inventaire et de vos objectifs d’affaires.

Ainsi, il est recommandé de créer un sitemap HTML énumérant les principales catégories et sous catégories accessibles en pied de page et de créer aussi un sitemap XML dont l’emplacement sera spécifié dans le robots.txt. Vous pouvez ainsi opter pour un sitemap segmenté qui vous permettra de surveiller l’indexation des différentes sections de votre site.

Pour optimiser vos titres de page, vous pourrez de plus implémenter un moteur de recherche interne qui vous permettra de recueillir des données précieuses quant aux termes recherchées par vos utilisateurs. Dans le même temps, vous serez prémuni contre l’indexation des URLs générés en spécifiant « disallow » dans le robots.txt pour tous les paramètres de résultats de recherche interne. Vous pourrez également empêcher l’indexation des URLs avec plus de 2 paramètres.

Le contenu dupliqué

Le grand péché des sites e-commerce réside dans les nombreuses situations de contenus dupliqués ce qui cause la dilution de la valeur acquise sur les pages. Le contenu dupliqué implique des pages identiques mais avec des URLs différents. On utilise du canonical tag et les redirections 301 tout en surveillant avec Google Webmaster Tool pour n’avoir qu’un seul URL pour chaque page.

Les sites e-commerce souffrent aussi de contenus dupliqués en raison de la pagination causée par un grand nombre d’items présents dans les différentes catégories. Les URLs de pagination sont différenciés par un paramètre mais leur contenu ne se différencie pas de la page sans paramètre, soit l’URL original de la catégorie. Pour éviter cet écueil, il est courant de spécifier le tag «no index, follow» pour les URLs avec paramètres de pagination pour prévenir tout amalgame de la part de Google entre ces pages qui demeurent différentes malgré la similitude de leur contenu.

La fiche produit idéale

Elle est optimisée pour le référencement, comme expliqué ci-dessus. Il est également possible d’aller plus loin en ajoutant des microformats aggrégés : produits / revues afin d’être en première ligne quant à l’affichage des résultats de recherche enrichis ou rich snippet. C’est aussi un excellent moyen d’avoir une place de choix et une présentation de produit optimisée dans Google Merchant Center. Etant donné que Google Merchant Center ira chercher le contenu sur votre site via le microformat, vous pourrez maîtriser votre description produit. À vous de fournir l’information la plus exhaustive possible!

Pour la bonne indexation de vos images, tout en évitant de générer des URLs multiples, il est recommandé de renseigner les balises ALT de façon dynamique, en utilisant par exemple le nom de l’item et la marque.

Il est fortement recommandé d’accorder un grand soin aux descriptions de produits, qui représentent non seulement un contenu non négligeable pour le référencement mais également un levier pour aider la conversion ! Un produit compris en ligne par le consommateur se vendra mieux parce qu’il ne l’incite pas à se rendre en magasin pour obtenir des renseignements complémentaires.

L’interlinking

Lier les pages les unes aux autres permet aux moteurs de recherche de différencier les pages principales des pages secondaires, comme les pages de catégorie et les pages de produit. Par ailleurs, vous pouvez ajouter des modules de suggestions de produit qui vous offriront l’opportunité d’augmenter le temps passé sur le site et le nombre de pages vues. Ces modules peuvent être les produits de la même catégorie, des produits similaires ou vus par les utilisateurs.

En travaillant l’interlinking, vous pourrez également pousser certaines pages pour vous positionner sur des mots clés à fort volume de recherche ou travailler un produit de niche.

Un blog peut aussi soutenir votre trafic organique en vous offrant des mots clés longue traine et un interlinking idéal dans la mesure où vous choisissez de placer ainsi votre blog dans un dossier de votre site – http://www.nomdedomaine.com/blog – ce qui est préférable à un sous domaine.

Google Merchant Center

Google Merchant Center a été lancé en 2009. Il permet de référencer vos produits que vous pouvez facilement soumettre. Les items de Google Merchant Center apparaissent dans les résultats de recherche universelle et vous permettent d’amener du trafic organique directement sur votre site. Vous serez en mesure de suivre et optimiser vos stratégies et performances.

Vous pouvez ainsi mettre en place des promotions avec ou sans modification de codage. Vous serez surtout en mesure d’afficher la disponibilité des stocks locaux avec vos résultats ou d’optimiser vos campagnes Adwords ou créer des annonces plus attrayantes.

Ainsi, pour acquérir du trafic organique sur votre site e-commerce, une part non négligeable du travail se réalise onsite, comme nous l’avons vu, en s’attachant à améliorer les pages de votre site et le positionnement de vos mots clés. Pour soutenir ces efforts, vous pouvez notamment lancer en parallèle, des campagnes Adwords, dont nous aborderons l’optimisation dans un prochain billet.

Acquisition de trafic et E-commerce : optimisez le référencement de votre site

En 2010, les ventes des sites e-commerce américains ont bondi de 14,8% par rapport aux 1,6% de 2009. Les prévisions pour 2011 s’annoncent autour de 13,7% de croissance, avec un chiffre de 188$ billions de dollars, pour un canal de distribution qui montre quelques signes de maturation, avec notamment la stagnation de sa progression (Source: Emarketer).

Ainsi, les sites e-commerce ont de beaux jours devant eux et le marché canadien, surtout québécois, n’en est pas à son plein épanouissement contrairement au marché US, comme expliqué dans cet article. Cela implique donc de belles perspectives de progression pour les sites de commerce électronique québécois, notamment en matière d’acquisition de trafic, qu’il soit organique ou payant. Ainsi, nous vous proposons quelques suggestions d’optimisation et de bonnes pratiques pour votre site e-commerce.

Les lois d’or de l’optimisation des sites de E-commerce

En tant que propriétaire d’un site e-commerce, vous avez vocation à posséder un site ‘seo-friendly’, qui permette tant l’indexation optimum de vos pages que l’acquisition de trafic grâce au positionnement sur les mots clés organiques, qu’ils soient de marque ou génériques.

Les pré requis usuels à l’optimisation de tout site web sont les titres de pages, les métas descriptions, le renseignement des balises de titres et des balises ALT avec les mots clés propres à la page, que l’on retrouve dans la description de produit et le contenu de la page. Outre ce travail, il y a des caractéristiques particulières aux sites e-commerce.

Avant toute chose, assurez-vous que les moteurs de recherche ne rencontrent aucun frein à l’indexation de vos pages et de vos contenus. Cela implique notamment de proscrire toute utilisation de JavaScript, notamment pour le menu de navigation et les revues.

La navigation et l’indexation

La classification ou taxinomie est essentielle à l’architecture des sites e-commerce dans la mesure où elle va générer un fil d’Ariane qui va concourir à une bonne indexation des produits. Ainsi, il vous faudra déterminer si les visiteurs sont plus enclins à chercher vos produits par la marque ou par la catégorie (chaussures Nike vs chaussures de sport). La réflexion est ainsi à mener en termes de volume de recherche mais aussi en fonction de votre inventaire et de objectifs d’affaire.

Ainsi, il est recommandé de créer un sitemap HTML listant les principales catégories et sous catégories, qui soit accessible en pied de page mais aussi un sitemap XML dont l’emplacement sera spécifié dans le robots.txt. Vous pouvez ainsi opter pour un sitemap segmenté qui vous permettra de surveiller l’indexation des différentes sections de votre site.

De plus, vous pourrez implémenter un moteur de recherche interne qui vous permette de recueillir des données précieuses pour l’optimisation de vos titres de page soit les termes recherchés par vos utilisateurs. Mais dans le même temps, vous vous prémunirez de l’indexation des URLS générés en spécifiant « disallow » dans le robots.txt pour tous les paramètres de résultats de recherche interne. Vous pourrez également empêcher l’indexation des URLS avec plus de 2 paramètres.

Le contenu dupliqué

Le grand péché des sites de e-commerce réside dans les nombreuses situations de contenus dupliqués ce qui cause la dilution de la valeur acquise sur les pages. Le contenu dupliqué implique des pages identiques mais avec des URLS différents. Ainsi, on use du canonical tag et des redirections 301 tout en surveillant avec Google Webmaster Tool pour n’avoir un seul URL pour chaque page.

Les sites e-commerce souffrent aussi de contenus dupliqués en raison de la pagination due au grand nombre d’items présents dans les différentes catégories. Les URLS de pagination sont différenciés par un paramètre mais leur contenu ne se différencie pas de la page sans paramètre, soit l’URL original de la catégorie. Pour éviter cet écueil, il est une pratique répandue de spécifier le tag «no index, follow » pour les URLS avec paramètre de pagination pour prévenir tout amalgame de la part de Google entre ces pages qui demeurent différentes malgré la similitude de leur contenu.

La fiche produit idéale

Elle est optimisée pour le référencement, comme expliqué plus haut. Il est également possible d’aller plus loin en ajoutant des microformats aggrégés : produits / revues afin d’être en premier ligne quant à l’affichage des résultats de recherche enrichis ou rich snippet. C’est aussi un excellent moyen d’avoir une place de choix et une présentation de produit optimisée dans Google Merchant Center. Etant donné que Google Merchant Center ira chercher le contenu sur votre site via le microformat, vous pourrez maîtriser votre description produit, à vous de renseigner le plus exhaustivement les informations.

Pour la bonne indexation de vos images, il est recommandé de renseigner les balises ALT dynamiquement en utilisant par exemple le nom de l’item et la marque mais aussi de ne pas générer des URLS pour chaque image.

Il est fortement recommandé d’accorder un grand soin aux descriptions de produits, qui représente non seulement un contenu non négligeable pour le référencement mais également pour aider la conversion ! Un produit compris par le consommateur se vend mieux en ligne parce qu’il ne l’incite pas à se rendre en magasin pour avoir les informations complémentaires.

L’interlinking :

Lier les pages les unes aux autres permet aux moteurs de recherche de différencier les pages principales des pages secondaires, comme les pages de catégories et les pages de produits. Par ailleurs, vous pouvez ajouter des modules de suggestions de produits qui vous offriront l’opportunité d’augmenter le temps passé sur le site et le nombre de pages vues. Ces modules peuvent être les produits de la même catégorie, des produits similaires ou vus par les utilisateurs.

En travaillant l’interlinking, vous pourrez également pousser certaines pages pour vous positionner sur des mots clés à fort volume de recherche ou travailler un produit de niche.

Un blog peut aussi soutenir votre trafic organique en vous offrant des mots clés longue traine et un interlinking idéal dans la mesure où vous choisissez de placer votre blog dans un dossier de votre site, de cette manière : http://www.nomdedomaine.com/blog, ce qui est préférable à un sous domaine.

Google Merchant Center

Google Merchant Center a été lance en 2009. Il permet de référencer vos produits que vous pouvez facilement soumettre. Les items de Google Merchant Center apparaissent dans les résultats de recherche universels et vous permettent d’amener du trafic organique directement sur votre site. Vous serez en mesure de traquer, optimiser vos stratégies et performances.

Vous pouvez ainsi mettre en place des promotions ou sans modification de codage. Surtout vous serez en mesure d’afficher la disponibilité des stocks locaux avec vos résultats ou encore d’optimiser vos campagnes Adwords ou créer des annonces plus attrayantes.

, par Vallier Lapierre

2 de 2 Sites d’aubaines du jour : le revers de la médaille pour les commerçants

Quand on s’arrête à penser un peu au concept de base des sites d’aubaines du jour, on est porté à se dire que c’est trop beau pour être vrai pour au moins une des trois parties prenantes : le site d’aubaines, le consommateur et le commerçant, sans qui le service ne pourrait exister. À l’allure où les sites pullulent et au vu de la croissance de la valeur des deux principaux joueurs dans le domaine, Groupon à environ 25 milliards $ US et Living Social à 3 milliards $ US, on n’a pas trop à s’en faire pour les meneurs du jeu, du moins pour le moment.

À y regarder de plus près, on constate que les acheteurs de coupons se sentent floués à l’occasion, et sous tous les cieux, mais leur sort est beaucoup plus enviable que celui de la troisième roue du carrosse, les commerçants. Ces derniers sont loin de tous gagner à ce jeu. On n’a pas besoin de gratter beaucoup sous la surface du phénomène pour trouver des histoires qui ont tourné à l’horreur.

Sur le bord du gouffre, après trop de succès

 

La plus grosse erreur que peut faire un commerce avec les sites du type Groupon est de négliger de fixer un maximum de coupons à offrir aux internautes désireux de profiter de l’offre (maximum ajusté à la capacité de servir le flux de nouveaux clients). Le cas de Jessie Burke, propriétaire du café pâtisserie Posies de Portland, en Oregon, a été le premier à faire surface. Comme elle le raconte sur son blogue, sa mésaventure lui a coûté 8 000 $ pour renflouer les coffres du commerce et payer le personnel afin d’honorer environ 1 000 coupons. S’attribuant en grande partie la responsabilité de cette erreur, sa deuxième plus importante à vie, précise-t-elle, elle souligne qu’on ne lui a jamais suggéré de limiter le nombre de coupons à distribuer.

Si elles est conforme à la version de la plaignante, j’ai déniché une histoire d’horreur encore pire qui a été rendue publique récemment en Belgique. Sylvie Pastur, exploitante d’Escale Design, une boutique de mobilier design qui offre aussi du coaching en décoration, a été forcée de cesser ses activités après avoir expérimenté deux offres avec Groupon lui ayant amené un total de 1 000 clients. L’affaire a fait grand bruit sur Twitter et Facebook où le billet de Mme Pastur à propos de ses déboires a disparu, avant d’aboutir dans les pages du magazine L’Expansion en France. Il faut préciser que les paramètres des deux offres ont été acceptés par Mme Pastur qui espérait que le trafic accru générerait des ventes additionnelles, ventes qui ne se sont jamais – ou alors très peu – matérialisées.

Le texte de l’Expansion accorde le bénéfice du doute à Groupon. Dans le cas du Posies Cafe de Portland, l’entreprise s’est défendue, tout comme elle l’a fait dans le cas d’Escale Design en Belgique. La réaction initiale est venue de Groupon France, qui subissait le contrecoup autant que Groupon Belgique sur le plan de la réputation. Mais curieusement, l’article était illustré avec cette photo :

Prise par Dan Miller, un Américain séjournant en France, cette photo est le fruit du hasard puisque l’affiche a attiré son attention alors qu’il se promenait dans les rues de Lyon après avoir assisté à une conférence. Le magazine l’a sûrement repérée sur ce blogue, opéré manifestement par une relation étroite de M. Miller. Cette photo contredit le ton de l’article en suggérant que le cas d’Escale Design n’est pas isolé. Effectivement, le site d’ITespresso.fr rapportait le même jour que le magazine l’Expansion l’aventure d’une commerçante de Nantes accusant Groupon France « d’escroquerie ».

Taux de récidive : entre 58 % et 97%

Il est dommage que la rédaction de l’Expansion n’ait pas essayé d’en savoir plus. Surtout en considérant que le cas d’Escale Design est apparu en ligne peu après la diffusion, le 24 mars, d’un grand reportage de 30 minutes lors de l’émission Envoyé Spécial sur France 2. Ses journalistes ont repéré une commerçante très peu satisfaite par son essai des achats groupés. Margaret Usal, propriétaire d’un spa dans la banlieue de Lille (dont le témoignage prend place à 20 min 30 dans le reportage), signale avoir téléphoné à midi à son fournisseur de service pour arrêter le compteur alors que 500 coupons avaient déjà été vendus. On ne l’a pas écoutée et le total s’est élevé à 1 659 coupons acceptés en fin de journée. Le reporter de l’émission ajoute avoir rencontré deux centres de massage s’étant plaint d’une situation semblable.

Groupon a admis cette fois que des erreurs ont été commises lors de la mise en place de l’offre et a souligné que des remèdes ont été apportés pour corriger la situation. Une gestion de crise s’imposait en effet, sous peine de tuer la poule aux œufs d’or. Dans la même foulée, Groupon a laissé entendre toutefois à plusieurs reprises que 97 % des commerces ayant bénéficié du service sont très heureux et prêts à répéter l’expérience.

Pourtant, selon une enquête diffusée en septembre dernier par Utpal M. Dholakia, professeur de la Jones Graduate School of Management à l’Université Rice de Houston, les commerces récalcitrants à recommencer s’élèveraient à 42 % et non pas à 3 % comme le soutient Groupon. Les résultats portent sur un échantillon de 150 commerces (parmi 360 entreprises ayant participé à une offre Groupon) qui ont répondu au questionnaire.

Les deux tiers ont estimé leur expérience profitable. Dans une proportion très forte de 32 %, les autres ont évalué que l’offre n’était pas profitable, et ce, même en tenant compte de l’acquisition de nouveaux clients, très faible dans leur cas naturellement. Seulement 8 % d’entre eux voudraient recommencer. Bien plus, un commerce sur cinq, parmi ceux ayant jugé la promotion profitable, ne veut pas récidiver; 42 % des restaurants ont calculé le rendement trop faible, alors que 82 % des spas ont jugé les retombées positives.

Des restaurateurs inquiets

Une autre enquête, effectuée par le distributeur de fournitures pour restaurants Tundra Specialties, a identifié la désaffection des propriétaires de restaurant. Cette enquête a révélé que 41 % d’entre eux estiment que Groupon est le facteur extérieur le plus préjudiciable à leurs activités. « Le dommage majeur provient du fait que la participation des restaurants à ces programmes d’achats groupés entretient l’appétit des chasseurs d’aubaines qui sautent d’une offre à l’autre. J’ai assurément entendu parler davantage d’histoires d’horreur que d’histoires à succès », mentionne Joel Cohen, spécialiste à l’emploi de RestaurantMarketing.com, dans le communiqué qui rapporte les résultats de cette enquête.

 

L’enquête du professeur Dholakia a identifié la satisfaction des employés face à la promotion comme principal facteur de son succès. Si les employés sont préparés en fonction d’un achalandage intense qui les contraindra à faire plus d’heures et à recevoir des pourboires moins intéressants (à cause de la nature des acheteurs de coupons qui recoupe d’assez près celle des chasseurs d’aubaines), ils ont plus de chances de bien servir les nouveaux clients et de faire en sorte qu’ils reviendront en plus grand nombre.

Tout en admettant que son échantillon n’est pas nécessairement représentatif de l’ensemble des commerces ayant fait affaire avec Groupon (liste à laquelle il n’a pas eu accès), M. Dholakia note que le taux de réponses à 41,7 % indique de toute évidence qu’une forte proportion de commerçants s’interrogent sur la durablité des promotions sociales dans leur incarnation actuelle. « Nous croyons que ces promotions sont structurées de telle sorte qu’elles accordent beaucoup trop de valeur aux consommateurs, au détriment de la marge de manoeuvre des petites entreprises qui les introduisent », écrit-il en conclusion.

Groupon a bien sûr rejeté ces conclusions sur la base de la non-représentativité de l’échantillon.

Quoi qu’il en soit, les mises en garde contre les dangers de l’approche ont commencé à pleuvoir un peu partout. Les critiques les plus féroces de la formule en font une question de principe en marketing ou la rejettent plus volontiers sur la base de simples calculs. La nécessité de bien calculer sa démarche est d’ailleurs retenue dans tous les appels à la prudence.

Sur le terrain, plus de joie que de mal en surface

Qu’en est-il ici où la vague est déjà servie par plus d’une vingtaine de sites d’aubaines ? Après six ou sept entrevues avec des commerçants, reférés autant par le fournisseur le plus important du service que dénichés par mes propres soins, je suis finalement tombé sur un commerce assez peu satisfait. Le cas des restaurants La Grand-Mère Poule fait intervenir encore une fois le trop grand nombre de coupons accordés (1 755) aux consommateurs.

Sébastien Abrieu, propriétaire des restaurants en question, évalue que l’offre lui a occasionné des pertes d’environ 20 000 $. « On aurait été heureux avec 300 coupons. J’ai été victime de mon succès. La vente des coupons a couvert à peine les dépenses en nourriture. Les coupons devaient s’appliquer à l’un de nos quatre restaurants qu’il fallait choisir en achetant son coupon. Plusieurs personnes se sont présentées où elles voulaient et faisaient une esclandre si on leur disait que leur coupon était valide dans un autre restaurant. Pour ne pas qu’ils virent le restaurant à l’envers, on finissait par leur donner raison. Il devait y avoir une limite de deux coupons par client. Nous avons eu des clients qui en ont acheté huit », résume M. Abrieu peu certain de renouveler l’expérience.

Un porte-parole du service qui gérait l’offre - que nous ne nommerons pas pour ne pas pointer du doigt un seul joueur alors que cela aurait pu se produire avec plusieurs autresnous a signalé que le cas des restaurants La Grand-Mère Poule avait été marqué par un incident technique qui avait empêché d’afficher le nombre maximal de coupons disponibles. On m’a précisé aussi que les représentants du service ont communiqué avec la direction des restaurants afin de remédier à la situationce qui est sûrement exact parce que M. Abrieu aurait sûrement été plus vindicatif à l’égard de son fournisseur s’il ne l’avait pas aidé à se dépêtrer de son mauvais pas.

Les autres commerçants à qui j’ai parlé étaient tous enchantés de leur expérience. Leur situation explique pourquoi ce type d’offre peut être valable dans certains cas bien précis.

Antoine Desson, propriétaire du nouveau restaurant La Bulle Au Carré sur la rue Saint-Denis à Montréal, explique qu’il ne « faut pas voir les achats groupés comme une façon de faire du chiffre d’affaires, à moins d’avoir une marge énorme. Dans notre cas, c’était valable parce que ça a permis de nous faire connaître. Et il est toujours préférable pour un nouveau restaurant d’être le plus rempli possible que vide à ses débuts. »

Après avoir été parmi les premiers à essayer Tuango (où 147 coupons ont été vendus) en juin dernier dès l’introduction de ce premier service local d’achats groupés, M. Desson a récidivé deux fois avec deux autres services, I Love Montreal et AubainesEnVille.com, nouveau joueur qui avait échappé à mes recherches dans mon précédent billet.

Dans ce dernier cas, La Bulle Au Carré a bénéficié du fait qu’AubainesEnVille.com, devant être plus agressif que les gros joueurs pour se creuser une place, accepte une commission très faible pour un premier essai. La chose est confirmée par François Claveau, un des deux promoteurs d’AubainesEnVille.com, qui dit offrir aux restaurants une formule alléchante où le restaurateur cède une commission de 5 % seulement à AubainesEnVille.com à la condition qu’il procède à une deuxième offre qui entrainera cette fois une commission de 40 % prise sur le coupon.

Comme on peut voir, le marché se redéfinit à mesure qu’il évolue.

Tuango haut la main

Marc Bertrand, directeur du revenu pour Gouverneur, s’est servi à trois reprises des achats groupés pour accroître l’achalandage de l’Hôtel Le Chantecler dans les Laurentides. Sans avoir fixé aucun maximum au préalable, ces offres ont généré la vente de 350, 1 150 et 230 coupons (l’offre sur Tuango ayant remporté la palme). Il ne déplore aucunement ces résultats en précisant que ces offres servent à remplir les périodes moins achalandées. « Même s’il nous faut par moment ajouter du personnel pour répondre à la demande, on le fait dans le but de ne pas faire de pertes. Si on tient compte que cet impact publicitaire ne nous a rien coûté en bout de ligne, on est satisfaits », précise-t-il.

Roberto Ramos, directeur du marketing à la Maison du jazz, indique aussi se servir de la tactique comme levier publicitaire. Au moment de notre appel, il venait de lancer la veille une nouvelle offre qui avait rapporté 844 coupons sur Tuango alors que la première, six mois auparavant, avait trouvé 460 preneurs. « On s’arrange pour faire nos frais. On est très satisfaits. On veut que les gens entrent voir. Ils passent à côté et voient un décor élaboré et se disent que c’est sûrement cher. Nous voulons briser cette perception. Et ça marche. Plusieurs reviennent », explique-t-il.

Lorne Rodin, massothérapeute, est aussi satisfait de la rétention de la clientèle. « Beaucoup sont revenus plus d’une fois au plein tarif. »

Pour avoir répété l’expérience cinq fois, Marco Simard, président de la franchise Four Points du Sheraton Québec, qui exploite le centre de soins personnels O2 Spa beauté de cet hôtel en banlieue de Québec, est très satisfait. Il explique qu’il s’agit d’un nouveau centre et qu’il se sert de l’approche comme outil publicitaire. « Avant, on utilisait les journaux locaux. T’étais sûr de payer, mais tu savais peu de choses de l’impact. Avec ce genre de promotion, non seulement ça ne coûte rien d’essayer, mais on peut voir ce que ça rapporte avec le nombre de nouveaux clients. »

Et le bouquet, je l’ai découvert par hasard à la dernière minute. En jasant avec un compétiteur de Tuango, j’ai appris que Restaurant L’Académie avait écoulé plus de 10 000 coupons avec Tuango. Flairant la catastrophe, en ne sachant pas que l’institution de la rue St-Denis partageait maintenant son enseigne avec une demi-douzaine d’autres restaurants dont un à Québec, je vérifie auprès de la direction de Restaurant L’Académie.

Au lieu de parler à quelqu’un qui s’arrache les cheveux face à la catastrophe, je tombe sur Lawrence Auger. un directeur du marketing plutôt heureux des résultats. Et il est tout fier d’ajouter que l’expérience a été tentée aussi avec Groupon, avec quelque 3 000 coupons vendus seulement. Ajoutés à ceux de l’Hôtel Chanteclerc, ces résultats démontrent assez clairement l’avance de Tuango sur Groupon au Québec. Sous ce rapport, M. Auger fait remarquer que la force de Tuango est d’avoir aussi pignon sur rue à Québec, contrairement à Groupon. Une partie des 10 000 coupons et plus vendus sur Tuango par l’Académie provenaient de Québec où l’offre s’appliquait aussi.

On comprend mieux la satisfaction de M. Auger quand il s’explique plus en détails. Avec sa formule « Apportez votre vin », L’Académie axe son approche sur le volume puisqu’on ne peut compter sur la vente d’alcool pour accroître la marge de profit. Il faut donc renouveler constamment la clientèle. Calculée pour ne pas être déficitaire, l’offre Tuango a été répartie sur sept établissements pendant un an. Elle peut s’appliquer sans problème avec 50 couverts de plus dans la plupart d’entre eux les lundis, mardis et mercredis. Dans certains cas, on a dû faire appel à du personnel supplémentaire. Selon M. Auger, la pingrerie des détenteurs de coupons ne cause pas de problème non plus puisqu’une mention claire stipule dans l’offre Tuango que les pourboires se calculent sur le prix avant réduction.

Aucun cas n’est pareil dans ce genre de jeu, et ce, même si la problématique de base est toujours la même. Tout ce que ça démontre, c’est que dans beaucoup de cas pris individuellement, le jeu peut en valoir la chandelle. Il faut par ailleurs prendre garde aux écueils de la formule, parce qu’il y en a. L’impact total qu’auront toutes ces offres cumulées est une toute autre histoire. Il faut cependant se demander si l’accoutumance des consommateurs à ces règles n’aura pas le même impact sur le secteur des services aux particuliers que Walmart en a eu dans la vente de biens de consommation courante.

Les services locaux jouent la carte de la proximité

Les joueurs locaux sur le marché des achats groupés font valoir leur meilleure connaissance du milieu et, par conséquent, leur capacité à mieux servir les clients. Conscients des critiques qui sont apparues à l’étranger à propos de leur approche, ils soulignent que leur proximité des clients contribue à discipliner le secteur qui ne pourra poursuivre sur sa lancée si les commerçants n’y voient pas leur intérêt.

Premier sur les rangs depuis juin dernier, Tuango est le service présent dans le plus grand nombre de villes au Québec : Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay. Swann Freslon, directrice du marketing, relève que Tuango a distribué plus de 160 000 coupons et a fait réaliser des économies de 9 millions $ aux consommateurs.

« À ce jour, on n’a pas eu de réactions négatives des commerçants. Au besoin, on les aide à calculer leur capacité maximale d’accueil. Ce n’est aucunement dans notre intérêt qu’ils soient débordés par la demande », explique Mme Freslon.

Le statut de leader de Tuango lui permet de sélectionner les offres les plus intéressantes du fait que les commerces doivent attendre en file pour participer. « On doit en refuser. Le produit ou le service doit correspondre à ce que recherchent la majorité des gens inscrits à notre service et il faut que la réduction consentie corresponde à une économie réelle par rapport au prix normal », commente Mme Freslon.

Malgré toutes les précautions prises, au moins un cas s’est faufilé entre les mailles du filet. « Un des restaurants participants a fait faillite avant de pouvoir honorer les coupons qui avaient été vendus. On a remboursé tous les gens qui avaient acheté des coupons », précise Mme Freslon.

Tuango compte plus de 300 000 abonnés, majoritairement des femmes de 25 à 54 ans. Ce profil de clientèle recoupe celui observé aux États-Unis avec les services majeurs comme Groupon et LivingSocial.

Installé à Montréal seulement pour l’instant et prévoyant en faire autant prochainement à Québec et dans les Laurentides, GoYub a débuté ses activités en décembre dernier. Le service compte déjà 10 000 abonnés, auxquels s’ajoutent de 1 000 à 2 000 nouveaux membres par mois.

« Ça va s’essouffler vite si les commerçants n’y trouvent pas leur compte. Plusieurs ont le sentiment que c’est le site Web qui emporte le morceau. Il faut tenir compte que l’approche cherche encore ses marques. Il y a déjà une flexibilité de notre part. Ça se négocie », affirme Dominique Vachon, co-fondateur de GoYub, en parlant de la commission perçue par le service.

M. Vachon fait d’ailleurs remarquer que la manne n’est pas si grosse pour les promoteurs d’achats groupés. Même si la partie technique est effectivement quasiment un jeu d’enfant, il faut injecter du temps/homme en quantité pour faire rouler le temps-machine. Une bonne partie des opérations se fait difficilement à distance parce que le recrutement des marchands nécessite de la représentation sur place, ne serait-ce que pour contrôler l’adéquation des coupons avec la réalité.

Apparu au début de janvier dernier, le service d’achats groupés Vie Urbaine s’est choisi un profil plus branché pour ressortir parmi la concurrence. Le site a été lancé à un rythme soutenu (plus de 50 offres en un peu plus de deux mois), suffisant pour servir l’appétit de jeunes très actifs et ouverts aux expériences.

Jean-Claude Renaud, président de Vie Urbaine, annonçait détenir plus de 30 000 abonnés à la mi-mars. Il révèle qu’il est devenu accro au marketing en ligne en gérant le site commercial d’une boutique de vêtements, dans le Vieux-Montréal. Quand il a vu décoller le phénomène des achats groupés, il a regroupé des partenaires financiers silencieux (les anges !) pour se lancer dans la mêlée.

« Ce serait mentir que de dire que la compétition ne m’inquiète pas. Mais je persiste à penser qu’il y a une opportunité très intéressante pour nous, » conclut M. Renaud.

, par Vallier Lapierre

1 de 2 Les sites d’aubaines du jour : consolidation inévitable à l’horizon

L’ascension fulgurante de Groupon et la multiplication de ses clones (baptisés Groupies) ont amené récemment certains observateurs à remettre en question cette frénésie qui rappelle étrangement le gonflement de la bulle Internet survenue à la fin des années 1990. Pour d’autres, la profusion du modèle d’affaires, encouragée par la morosité économique qui a multiplié les chasseurs de grosses aubaines, suggère que la spirale déclinante des coûts pour les consommateurs va faire, à terme, plus de mal que de bien aux détaillants, ce dont je traiterai dans un deuxième article.

Après avoir surgi comme un tsunami il y a deux ans aux États-Unis, le marché du commerce social nous a atteints relativement vite (une fois n’est pas coutume) avec l’apparition de services locaux d’aubaines du jour dès juin dernier, et ce, avant même que Groupon n’ait ajouté, en décembre dernier, Montréal à sa couverture géographique de 250 villes dans le monde, couverture qui aurait doublé depuis. Tuango, propriété du Toronto Star et de quatre entrepreneurs québécois, a parti le bal, suivie depuis par au moins une vingtaine d’autres sites de promotions quotidiennes, la moitié environ étant des joueurs locaux et l’autre étant des services déjà offerts au Canada ou aux États-Unis.

Progression ahurissante

À l’instar de Tuango, Promo du jour (version française de Deal of the Day, toutes deux appartenant au Groupe Pages Jaunes) et GoYub concentrent leurs activités au Québec en étant toutes deux établies également à Montréal, Québec et Gatineau au minimum. Elles seront imitées bientôt par LaMégaPrise, une offre de Transcontinental circonscrite à la ville de Québec pour l’instant. Vie urbaine et I Love Montreal ont choisi de leur côté d’opérer sur le seul marché montréalais jusqu’à nouvel ordre. Témoignant de la rapidité des Beaucerons à suivre les tendances sur Internet, le site En Beauce.com s’apprête aussi à offrir des aubaines (hebdomadaires dans son cas à cause de son bassin plus restreint de commerces que dans les grandes villes) à sa propre enseigne.

Plusieurs des quelque 50 joueurs canadiens offrent leur service à Montréal. On compte, entre autres, TeamBuy , Dealfind, SwarmJam (propriété du groupe Postmedia qui possède The Gazette), WagJag, PriceDodger, Snaggies et StealTheDeal. Outre Groupon, on dénombre aussi au moins deux autres joueurs américains à Montréal, soit LivingSocial (où Amazon a investi 150 millions $ US récemment) et WebPiggy. Les Américains ne se précipiteront sans doute pas en masse parce que la scène est déjà surchargée avec une offre proche de la saturation.

Sébastien Provencher, expert en commerce local et social et cofondateur de Praized Media, répertoriait déjà huit sites de promotions quotidiennes, établis ou en voie de l’être, lors d’une conférence en août dernier, deux mois après l’entrée en scène du premier joueur, Tuango. Dominique Vachon, promoteur de GoYub, soulignait que le décompte s’élevait à 22 à la fin de l’an dernier avant qu’il se lance lui-même dans la mêlée.

Ce phénomène n’est pas propre au Québec, comme on peut s’en douter. Alors que M. Provencher évaluait il y a six mois à 100 le nombre de sites d’aubaines du jour aux États-Unis et à 500 leur total dans le monde, on en compterait maintenant plus de 500 chez nos voisins et probablement autour de 2 000 sinon 3 000 dans le monde, si on tient compte qu’il y en avait déjà plus de 1 200 en décembre dernier en Chine seulement. Il n’y a à peu près pas d’endroits qui échappent à la fièvre, la Turquie étant aussi bien frappée que l’Australie.

Spécialisation et marché secondaire

 

Tandis que les plus populaires offrent à peu près tous des aubaines dans les mêmes secteurs (restaurants, soins de beauté, spas et autres soins de santé, villégiature, cours de danse, yoga, langues, etc.), il s’en trouve maintenant, selon le portrait du marché américain dressé par le New York Times au début du mois, qui choisissent des clientèles très segmentées comme les gais (Daily Pride), les Noirs (Black Biz Hookup), les Juifs (Jewpon) ou les adeptes d’aliments sans gluten (Gluten Free Deals). Au Québec, CouCoupon s’inscrit dans cette tendance en se concentrant sur les loisirs en famille.

Le grand nombre de joueurs a même fait naître un marché secondaire qui rassemble des courtiers d’information qui résument dans un seul courriel les offres les plus alléchantes en fonction des préférences des abonnés. Yipit a été le pionnier de ce type de service au début de l’an dernier. Son initiateur, féru d’aubaines du jour, en a eu l’idée en voyant atterrir chaque jour un trop grand nombre d’offres dans sa boîte de courriels. Il a été suivi en peu de temps par de nombreux imitateurs.

En cherchant très peu, on découvre que DealGator et Deal Radar, après avoir flairé la bonne affaire aux États-Unis, incluent maintenant Montréal dans les villes qu’ils indexent. Leurs résultats sont bien meilleurs que ceux de Yipit qui s’approvisionnait toujours, le 23 mars dernier, à deux sources différentes seulement. DailyDealZone, All Daily Deals et OneSpout, trois services d’agrégation partis de l’Ontario, font aussi une bien meilleure couverture de la scène montréalaise. Le premier agrège 22 sources montréalaises. Group Buying Canada, service d’information et recherche spécialisées sur cette industrie naissante, répertorie plus d’une dizaine d’agrégateurs canadiens d’aubaines du jour.

Ces agrégateurs se financent en négociant une commission sur les transactions conclues par les sites d’aubaines grâce à leurs références. Le stratagème a l’air de fonctionner puisque Yipit, qui recensait 422 services américains le 24 mars (en ajoutant, semble-t-il, en moyenne une vingtaine de nouveaux services par mois et en soustrayant un bon nombre d’entre eux également en vertu de l’insuccès rencontré par près du quart des démarrages), a obtenu un investissement de 1,3 million $ US pour mieux surfer littéralement sur la vague. Si la tendance se maintient, on va voir apparaître au Québec un bon agrégateur québécois qui mettra la barre plus haute que les autres en indexant tout simplement les offres dans leur version française aussi bien qu’anglaise, ce que ne font aucun des agrégateurs extérieurs du Québec dans leur couverture montréalaise.

Succès nettement conjoncturel qui risque de durer

La croissance effrénée de ce marché s’explique facilement. La reprise économique plutôt faiblarde incite les consommateurs et les commerçants à tester les eaux. Les premiers y trouvent des réductions substantielles, beaucoup plus importantes que ce à quoi ils sont habitués avec les coupons traditionnels, où on épargne rarement 50 % du prix affiché. Les commerçants y voient pour leur part un bon moyen de recruter une nouvelle clientèle sans avoir à débourser un sou en publicité pour l’attirer. Il leur faut cependant manœuvrer assez habilement pour ne pas faire de pertes ou les minimiser en sachant qu’ils ne percevront en bout de ligne que 25 % du prix affiché, puisqu’ils sont tenus de partager moitié-moitié avec le fournisseur du service les revenus tirés de la vente des coupons à rabais. Une situation pas du tout évidente dans la plupart des cas et carrément impossible dans beaucoup de marchés où les marges de profit sont trop minces.

L’obtention d’un grand nombre de clients en peu de temps profite de l’expiration rapide des offres qui incite aux achats impulsifs. Certains adeptes, sujets plus que d’autres aux effets de dépendance du réseau, ne veulent rien rater et font plus d’achats qu’ils n’ont de temps pour s’en prévaloir. On estime qu’entre 10 % et 20 % des coupons demeurent inutilisés à leur date d’expiration.

Soucieux davantage du bien des consommateurs que de celui des commerçants, des petits malins ont choisi de réduire à sa plus simple expression cette proportion en mettant sur pied des sites pour liquider juste à temps les coupons à une fraction de leur prix. En sachant quelques jours avant leur échéance qu’on n’aura pas le temps de les expérimenter, on peut y trouver des acheteurs disponibles pour en profiter. CoupRecoup et DealsGoRound jouent un tel rôle aux États-Unis.

Deux études ont évalué le marché américain récemment avec des montants assez logiques en fonction du fait que Groupon à elle seule aurait engrangé, selon le chiffre le plus souvent cité, des revenus de 780 millions $ US l’an dernier. Tout juste rapportée par eMarketer, une étude de Bia/Kelsey, société de recherche spécialisée en médias et publicités locales en ligne, prévoit que le marché s’élèvera à près de 4 milliards $ US en 2015.

Le site d’information financière Business Insider  avait signalé pour sa part en janvier dernier une étude de Needham and Company beaucoup plus optimiste, avec des revenus de 5,8 milliards $ US aux États-Unis en 2015 et de 10,3 milliards $ US dans le monde. Ayant appris de source fiable à la fin de 2010 que Groupon aurait finalement réalisé des ventes de 2 milliards $ US l’an passé, avec des parts de marché variant entre 60 % et 65 %, le rédacteur de Business Insider précisait que ces montants pouvaient facilement être dépassés.

Clonage de plus en plus aisé

Chose certaine, le nombre de services va continuer à croître encore, avant de connaître une consolidation inévitable un jour ou l’autre, ce que M. Provencher a déjà prédit au mois d’août dernier alors qu’on était encore loin des proportions que le phénomène a prises depuis. La multiplication de ces sites a été fortement encouragée parce que la technologie utile pour les mettre en place a été dès le début très facile à reproduire par des entreprises un peu débrouillardes sur Internet. La barrière à la prolifération des imitateurs était très basse dès le début. Se lancer dans le domaine est maintenant à la portée des entreprises possédant un minimum de compétences techniques depuis l’apparition de plateformes logicielles très abordables (certaines pour aussi peu que 200 $) permettant de monter facilement un service d’aubaines du jour.

Group Buying Site, Alstrasoft.com, StartAGroupBuy, Couponic et Group Commerce ont toutes leur solution de site d’aubaines du jour, la dernière réclamant le New York Times parmi ses clients. Ils courtisent d’ailleurs tous en priorité la clientèle des journaux et guides urbains imprimés qui connaissent d’autant mieux la clientèle potentielle qu’ils sont en train de la perdre en publicité conventionnelle.

La scène est devenue assez foisonnante et complexe pour justifier aussi la naissance de conférences spécialisées : Daily Deal Summit se tient bientôt à New York et DailyDealMedia, site d’information dédiée au nouveau marché, a choisi Chicago, lieu de naissance de Groupon, pour y tenir sa première conférence en septembre prochain.

Combat de titans

Groupon continuera-t-il de dominer aussi facilement le marché mondial? La partie est loin d’être jouée. Son incursion au Québec n’a pas donné les fruits escomptés, contrairement à ce qui s’est déroulé dans la plupart des villes canadiennes. La barrière culturelle expliquant en partie cet insuccès joue certainement ailleurs. Empressée d’occuper le plus de marchés possibles avant qu’ils soient trop accaparés par ses imitateurs, l’entreprise a carrément tourné les coins ronds en achetant des joueurs locaux peu recommandables au Brésil et au Chili.

Andrew Mason, le jeune fondateur de Groupon, a dû s’excuser auprès des Japonais  après que l’entreprise ait fourni un service pourri dans le cadre d’une offre de livraison de repas de nouvelle année. Selon certains, son intervention n’aura fait qu’empirer les choses en faisant paraître l’entreprise insensible aux sentiments des Japonais qui accordent beaucoup d’importance à la fête que devait souligner ce repas précis. La diffusion des annonces de Groupon au Super Bowl, déjà contestées aux États-Unis pour avoir voulu profiter commercialement de la cause des Tibétains, risquent d’avoir un impact beaucoup plus négatif en Chine où ses concurrents ne manqueront pas de souligner cet impair à leurs clients. Cela s’ajoute au cafouillis qui semble présider à l’implantation de l’entreprise sur le marché chinois.

En bout de ligne, le principal danger pourrait venir toutefois d’Amazon (qui a vendu 1,4 million de coupons rabais sur LivingSocial après avoir investi dans la compagnie), de Google, de Microsoft et surtout de Facebook. L’offre précise de Google, par l’entremise de Google Offers, est presque aussi attendue qu’un nouveau produit Apple. Google vient tout juste d’en donner un avant-goût appliqué à Austin lors de la conférence South by Southwest Interactive (SXSWi). En partenariat avec l’agrégateur The Dealmap, Bing, le moteur de recherche de Microsoft, va abreuver de son côté les propriétaires de mobiles intelligents d’offres disponibles à proximité de l’endroit où ils se trouvent.

Facebook a plusieurs atouts en mains pour casser les reins de Groupon. Des tests de son service d’aubaines, Deals, viennent de débuter dans cinq villes américaines. L’entreprise souligne qu’elle ne réclamera aucune commission aux entreprises pour ces tests, sans préciser si elle entend en prélever une à l’avenir et de quelle nature. Chose certaine, elle risque peu de passer de 0 % à 50 % puisque c’est un secret de polichinelle que les commerçants, profitant de la bataille féroce entre les services, ont commencé à négocier systématiquement le pourcentage de la commission qu’ils acceptent de verser à leur fournisseur de clientèle.

, par Marc Poulin

Commerce électronique et livraison en magasin

Le talon d’Achille du commerce électronique a toujours été la livraison. Les clients n’aiment pas payer un supplément et veulent profiter au plus vite de leur nouvel achat. C’est pourquoi ils apprécient les sites de commerce électronique qui offrent l’option de livraison en magasin. Plusieurs grandes chaînes américaines telles Toys « R » Us, Sears, Walmart, Borders, Lowes et bien d’autres considèrent que cela leur confère un avantage compétitif.

Valeur apportée aux clients

À de nombreux égards, l’option de livraison en magasin est très intéressante pour les clients de votre site de commerce électronique.

  1. Réduit les embûches liées à la livraison (coûts et délais).
  2. Permet une dernière validation avant l’achat.
  3. Permet de réserver un produit.
  4. Augmente l’offre de produits disponibles (longue traîne).

La livraison en magasin est habituellement gratuite, ce qui élimine la réticence face aux frais de livraison, surtout quand il s’agit de produits à bas prix. Elle peut également réduire les délais de livraison quand le produit est déjà en inventaire dans le magasin et évite de jouer au chat et à la souris avec le livreur qui passe quand personne n’est à la maison.

Il est délicat d’acheter certains produits sur le Web. C’est le cas par exemple pour les vêtements et souliers. À moins de répéter un achat passé, on n’est jamais certain de la grandeur. De plus, la couleur exacte et la texture sont incertaines sur un écran. S’il est facile de substituer le produit en magasin ou même d’annuler la commande (je pense ici à la merveilleuse politique de retour de www.simons.ca), ce sera un obstacle de moins à la vente.

Si un produit est en faible quantité en magasin, l’achat en ligne permet de le réserver pour soi, le temps de se déplacer pour aller le chercher. Le même principe s’applique pour un produit qui n’est pas encore disponible. L’achat en ligne, avant sa disponibilité en magasin, est un autre moyen de réserver un produit (pensons au iPad 2…).

Certains produits ou variations de produits (couleur, format, etc.) n’ont pas un volume de ventes qui justifie de les garder en inventaire dans le réseau des magasins. La disponibilité de ces produits sur le Web augmente la gamme de produits offerte par l’organisation et la rend plus attrayante auprès des clients.

Intégration multicanaux

Dans plusieurs organisations, le site de commerce électronique est perçu comme un compétiteur au réseau des magasins. Malheureusement, ce sont les clients qui sont pénalisés par ces conflits, avec souvent des politiques ne permettant pas les retours en magasin. Globalement, c’est l’organisation qui perd des ventes.

L’intégration du réseau de magasins et du site de commerce électronique est pourtant mutuellement bénéfique. Pourquoi pensez-vous que les sites Web de Jean Coutu et IGA impriment des photos à bas prix avec livraison gratuite en magasin, si ce n’est pour que ces clients profitent de leur présence en magasin pour effectuer des achats additionnels!

Recherche en ligne et achat en magasin

C’est variable selon le type de produit mais généralement, plus le produit coûte cher, plus le consommateur aura tendance à rechercher de l’information sur le Web avant d’effectuer son achat. En anglais, ce phénomène s’appelle ROPO (« Research Online Purchase Offline »). Il est donc avantageux, pour le réseau de magasins d’une organisation, d’avoir un site Web qui présente correctement les produits offerts. Le réseau virtuel et le réseau physique sont donc des alliés, pas des compétiteurs.

Conclusion

En plus d’être intéressante pour vos clients en ligne, l’option de livraison en magasin donne une deuxième chance pour vendre plus de produits en magasin. Tous y gagnent : le client, le magasin et le site de commerce électronique.

Solutions de paiement
semi-intégrées et intégrées